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Un énième cas [Fini]

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Invité
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MessageSujet: Un énième cas [Fini] Mar 3 Juil - 21:50



















Formulaire


d'inscription


Informations Administratives



    Nom : Rosewood
    Prénom : Adriel Duncan
    Âge : 20
    Sexe : Masculin
    Orientation sexuelle : Bisexuelle
    Statut : Patient
    Poste : //





Informations Médicales

    Patient N°: 1337
    Pathologie : Comportement passif-agressif, TOCs et phobies irrationnelles multiples.

    ● Le comportement passif-agressif est considéré comme un trouble de la personnalité. Les individus qui en sont affectés n'expriment leur agressivité qu'indirectement, à travers un comportement passif. Ce trouble est caractérisé par l'expression subtile des émotions violentes telles que la colère, la tristesse ou la jalousie. On retrouve également la plainte excessive, l'oubli volontaire de responsabilités, la manipulation d'autrui, la paranoïa, la création volontaire de situations chaotiques, le déni des fautes ainsi que leur rejet sur l'entourage, le sarcasme, le mépris, la solitude, l'emmurement dans le silence et une grande difficulté à créer et entretenir une relation sociale.

    ● Les TOCs (Troubles Obsessionnels Compulsifs) font partie des troubles comportementaux. Ils mettent en évidence une obsession irrationnelle à travers l'accomplissement rituel et compulsifs d'actions ou la manifestation d'angoisses. Adriel est atteint de plusieurs TOCs :
    - Trouble de vérification : Trouble qui consiste à vérifier plusieurs fois de suite un fait ou une action qui pourrait avoir un effet négatif, comme le fait de laisser une lumière allumée ou une porte ouverte.
    - Trouble de l'ordre : Il ne supporte pas de voir une imperfection autour de lui. Obsédé par l'ordre matériel et comportemental de ce qui l'entoure.
    - Trouble d'économie : Incapacité à se débarrasser de quelque chose si elle n'a pas été utilisée jusqu'au bout. Par exemple, il ne peut pas prendre une nouvelle feuille si la première n'est pas entièrement recouverte. Ce trouble se manifeste également chez lui par le fait de ne pas pouvoir supporter le gaspillage.

    ● Les phobies sont la peur irrationnelle des éléments qui nous entourent.
    - Peur de l'orage.
    - Peur de l'asphyxie.
    - Peur des insectes et arachnides.
    - Peur de l'abandon.
    - Peur de la foule et des lieux publics.



Compléments d'information

Caractère :

Témoignage recueilli auprès d’un jardinier de la résidence Rosewood.

Ce que je peux vous dire en premier, c’est que ça n’est pas le gars le plus marrant du monde. Si vous pensiez tomber sur un joyeux drille, et bien, on peut dire que vous l’avez un peu dans le… Enfin, vous me comprenez. Depuis le temps que je le connais –et croyez moi, ça fait un petit bail-, je crois que je ne l’ai entendu rire que quelques rares fois. Non, vraiment, c’est pas le genre à rigoler. Et puis, pas sociable le gars ! Faut pas aller lui parler, ça non ! Sauf si vous aimez les conversations à sens unique. Parce que quand vous lui parlez, c’est comme si vous parliez à un mur. Pas qu’il soit méchant, hein ! Mais bon, si vous lui parlez, il regardera ailleurs, pensera à autre chose. C’est pas quelqu’un de très attentif. De temps en temps , même quand il est en train de parler, d’un coup, il s’arrête, et il vous regarde l’air perdu. Et là, c’est la phrase qu’il faut. « J’disais quoi déjà ? » Je rigole pas ! Il m’a fait le coup des centaines de fois ! Bon, en dehors de ces p’tits moments qui font marrer, nan, c’est un triste sire. Quand il se tient devant vous comme ça, il est froid, droit comme un i, sans aucune expression sur le visage. Une vraie statue. C’est qu’il se tient toujours droit le bonhomme ! Ça doit venir de son éducation, ou quelque chose comme ça. Il est bien élevé, vous savez ?

Des gars comme ça, on en voit pas tous les jours. C’est un drôle de mélange. D’une froideur comme on en voit rarement, mais une de ces politesses ! Un vrai gentleman. Ça doit être parce qu’il est anglais. On m’a toujours dit que les anglais avaient une bonne éducation. Enfin bref, toujours poli. Gentil, j’dis pas. Mais poli. On peut être méchant et poli, hein ! C’est son truc d’ailleurs, il vous cassera. Mais il sera poli ! Après, je sais qu’il aime bien qu’on soit poli avec lui aussi. Faut toujours être poli avec lui. Sinon il vous répondra même pas. D’ailleurs, il vous répondra pas si vous l’intéressez pas, alors bon. Pour l’intéresser, j’sais pas comment ça marche. Ça dépend des gens, mais j’connais pas ses critères. Par exemple, moi, j’l’intéresse. Et pourtant, j’suis que le jardinier. Mais j’sais pas. Il devait pas être plus haut que ça –pas grand, hein, vous voyez- quand il est venu me parler. J’étais dans le jardin –j’étais jeune à l’époque- quand il a débarqué. Il s’est planté comme ça, derrière moi, et puis il a regardé par-dessus mon épaule pour voir ce que je faisais. Ça avait l’air de l’intéresser les fleurs. Et comme ça, d’un coup, il a décidé qu’on allait être potes lui et moi. C’est comme ça, il choisit des gens, et il décide si oui ou non ils lui plaisent. Si oui, ben ils deviennent potes. Sinon, ben, z’avez plus qu’à aller voir ailleurs quoi.

Je vous l’ai dit, il est pas très tourné vers les autres. Un solitaire. Mais bon, apparemment, ça le dérange pas plus que ça. Je sais qu’il est capable de rester avec les autres, de leur parler, tout ça. Il a quelques amis, et il a eu pas mal de connaissances avec qui il traînait. Mais j’pense pas que c’était de vrais amis. Plutôt des gens avec qui traînasser pour pas être tout seul. Pareil côté cœur. Il y en a eu des filles, et même quelques gars, mais jamais rien de sérieux. C’t’un vrai Dom Juan, ce qui l’intéresse, c’est la conquête. Mais une fois qu’il a conquis, ça l’intéresse plus. J’sais ce que vous pensez, c’est immoral, blabla. Mais je pense qu’il s’en fout, tout simplement, tant qu’il a ce qui lui plaît. Il est assez égoïste comme gars, faut pas croire. Et égocentrique. C’qui l’intéresse, c’est lui, et lui seul. A la rigueur les petites gens comme moi, ceux qui l’intéressent. Mais sinon, vous faites pas trop d’illusions. Je crois qu’il considère les autres comme … Je sais pas moi. Mais pas grand-chose. Des gens qui sont là, mais qui sont sans intérêt. Non, je vous cache ma pensée là. Vous m’avez dit que j’pourrai tout dire sans crainte, mais comprenez, c’est pas facile. J’le connait le gars, je sais qu’il se fiche totalement de ce qu’on peut dire ou penser de lui. Mais ça s’fait pas trop quoi. Enfin bref, je me lance. Je pense qu’il méprise les autres. Ouaip, c’est ça. Il est trop intelligent pour eux, ou quelque chose comme ça. Ouaip.

Il est intelligent lui. Mais, j’veux dire, vraiment. Un genre de surdoué. Une flèche. Le gamin, il avait tout appris tout seul. C’est ça que j’ai bien aimé chez lui, il avait l’air de vouloir tout savoir. Du coup, j’lui ai appris des trucs sur les fleurs, les arbres, les insectes. Comme c’est une des rares choses sur lesquelles j’m’y connais. Ça l’intéressait pas mal ! Sauf les insectes, j’crois qu’il aimait pas trop ça. Comme les p’tites filles, vous voyez ? Ben il aimait pas ça, sauf les coccinelles, et encore. Mais les fleurs, tout ça, il aimait. Il a appris tous les noms des fleurs, et il venait me les réciter. Et on en parlait. J’lui avait passé un gros bouquin sur la flore du monde entier. Il me l’a dévoré à une de ces vitesses ! C’est quelqu’un qui adore lire. J’crois qu’un des but de sa vie, c’est d’avoir lu tous les livres qui existent. D’autant que je me souvienne, il avait toujours un bouquin avec lui, et il passait son temps libre le nez entre les pages. Du coup, il sait plein de trucs. Incollable le gars. Une vraie encyclopédie, z’avez qu’à lui poser une question, et pop, il vous pond la réponse. Pratique.

Non, il est pas comme les autres jeunes. Lui, c’qui le passionne, c’est l’Histoire, avec un grande H. Et aussi tout ce qui touche à la religion. J’crois qu’il y avait une histoire de forte religion dans sa famille. Vous lui demanderez. J’crois qu’il aime bien la politique. Un meneur d’homme, ça c’est sûr. Il aime bien diriger tout le monde. Et attention, hein, faut que ça soit parfait ! Faut que ça soit exactement comme il l’imagine dans sa tête ! Sinon, ça va pas. Pour obtenir c’qu’il veut, il hésitera pas, hein. Coups bas, manipulations… Un vrai p’tit dictateur. D’ailleurs, si j’étais vous, je me méfierai. Mais bon, c’est quand même quelqu’un d’honnête. De très honnête même. J’irai pas jusqu’à dire qu’il ment jamais, mais je l’ai jamais vu voler ou tricher. De ce côté-là, pas d’inquiétude à avoir. C’est quelque chose qui l’a toujours dégoûté. On en parlait, pour rire, mais je voyais bien que dès qu’on abordait le sujet de gens ayant triché, ça le mettait dans une colère noire. C’est pas le genre à exploser de colère en hurlant partout par contre. Non, mais par contre, il vous jette un de ces regards. Un truc à vous glacer le sang jusqu’aux os. C’est pas un violent, non. Pas du genre à se venger aux balles ou aux coups de poings. Non, il attend, il vous tend son piège, et quand vous tombez dedans, il savoure ça jusqu’à ce que vous creviez. Et niveau stratégie, c’est pas le dernier. Le cerveau de Napoléon. Et puis, le défi, ça lui plaît. Les énigmes, les puzzles, tout ça. Un vrai génie je vous dis ! Il suffit pas des muscles, il en faut aussi dans la tête.

Il a ses qualités ! Il est très charismatique, et il sait s’en servir. Bon, c’est pas toujours à de bonnes fins, mais ça reste une qualité, non ? J’dois parler de ce qu’il aime aussi ? Bon. Ben, déjà, il aime le calme, j’pense que vous le remarquerez très vite. L’agitation, le bruit, tout ça, c’pas pour lui. Le calme, le silence, ça, ça lui va. Je sais qu’il aime pas les trucs sucrés. Ça m’avait choqué, ça. Un gamin, qui aime pas les bonbons et le chocolat, ça se croise pas partout ça. Et pourtant. Je sais aussi qu’il a peur de plein de trucs. Il a dû subir un truc quand il était gosse. Je sais qu'il a une trouille bleue de l'orage surtout. Pas que, mais surtout ça. Depuis que je lui ai raconté que ça pouvait vous tomber dessus d’un pète et vous cramer d’un coup, comme ça. J’en suis pas fier maintenant, mais sur le coup, qu’est-ce que j’ai rigolé. Pauvre gosse, il a dû en voir des vertes et des pas mures. Et voyez ce que ça en a fait maintenant. J'espère qu'ils le feront sortir de c't'asile un jour ce petit gars. Il est pas mauvais au fond d'lui. C’est un être humain quoi, il y a un petit cœur là-dessous. Faut juste savoir creuser un peu, et au bon endroit.

Physique :


Dans les pensées de Mme de Grantais, riche héritière.

C’est un petit jeu que j’affectionne particulièrement. Chacun se croit à l’abri du regard des autres, mais ce n’est pas en baissant la tête ainsi que tu te cacheras du miens, jeune homme. Le destin a voulu que tu t’asseyes en face de moi dans cet avion, ce serait presque un crime de ne pas en profiter. Oui, j’ai presque tout pour moi. J’ai de l’argent, et visiblement, tu en as aussi, puisque tu saisis délicatement la coupe de champagne proposée par l’hôtesse. Seuls ceux qui se savent soutenus par un moelleux matelas pécuniaire se réservent le privilège de la classe étoilée d’un avion. J’ai la beauté, et tu l’as aussi. C’est pour cela que je t’immortalise dans mon petit carnet, celui où je conserve dans les moindres détails la beauté de ceux que je croise par hasard et que je ne reverrai sans doute jamais. Tu le regardes ce carnet, tu regardes mon stylo s’agiter fébrilement sur le papier, sans savoir ce qu’il dessine. Eh bien, c’est toi qu’il dessine. Il te dessine sous forme de lettres et de phrases.

L’homme assis en face de moi est arrivé doucement, sans que je le remarque tout d’abord. Il fait partie de ce genre de personnes qu’on ne voit pas, ceux qui se fondent dans l’atmosphère et se déplacent sans bruit. Il s’est assis sur l’extrême bord du siège, comme pour être prêt à se lever et fuir à tout moment. Il se tient droit comme un prince, les mains posées religieusement sur ses genoux. Il a l’allure aristocrate d’un enfant de bonne famille, de ceux qui lèvent le menton pour mieux pour regarder de haut. Mais il n’a pas besoin de lever ainsi la tête pour me regarder. Je suis grande, mais il me dépasse largement. Tout son corps semble prêt à bondir, comme celui d’un chat. Comme celui d’un chat, il est fin et élancé. Et comme celui d’un chat, sous cette apparence gracieuse et tranquille se cache un corps finement découpé, dont on devine les muscles sous les vêtements précieux.

On dirait que tu sais ce que j’écris, jeune homme. Ton regard se fait fuyant, tes sourcils se froncent, tandis que tu t’agites nerveusement sur ton siège. Est-ce moi qui te fais cet effet-là ? Est-ce mon regard de femme s’accrochant à chaque parcelle de ton corps qui te met dans cet état ? Est-ce mon crayon sauvegardant ton être qui te met mal à l’aise ? Non, car tu ne sais pas ce que j’écris.

Il pose régulièrement ses yeux bleus sur mon carnet. Je préfèrerai qu’il me regarde, car les rares fois où son regard croise le miens, un étrange frisson me parcourt. Ila des yeux que je n’ai jamais vus au Japon, des yeux d’occidentaux. Des yeux d’un bleu glacé, me gelant délicieusement d’un simple contact. Ils sont si froids, gâchés par cette lueur hautaine qui les traverse, mais brillants d’intelligence et de vivacité. Ses iris se déplacent rapidementé, se posant tour à tour sur ce qui attire son attention fugace. Car il ne semble pas du genre à s’attarder sur ce qui l’entoure.

Car tu t’es déjà désintéressé de mon carnet, ta curiosité finalement envolée. As-tu compris que le contenu de ce petit livre ne te sera jamais révélé ? Tu ne me regarde plus, et tu gratifie de ton regard profond cette jeune fille assise plus loin. Oserai-je te dire que l’attitude fringante que tu abordes maintenant pour avoir son attention ne te va pas, et que ta vraie beauté se trouve dans la froideur que tu abordais il y a quelques minutes ?

Il passe une main blanche aux longs doigts fins dans ses cheveux de jais pour tenter de rajuster les mèches qui lui tombent sur les yeux, mais ce geste s’avère inutile. Je devrais lui dire qu’avec des cheveux fins et raides comme les siens, toute tentative de domestication se terminera par un échec cuisant. Mais il a déjà stoppé, et de nouveau il regarde ma main. Pendant quelques secondes, je crains qu'il n’arrive à lire ce que j’écris, mais le voile qui couvre maintenant ses yeux m’indique le contraire. Il rêve donc, lui aussi. Et maintenant, immobile comme il se tient, ses lèvres fines figées dans une expression neutre et désintéressée, son visage pâle aux traits fins et réguliers, il semble un homme fait de cire.

Bougeras-tu de nouveau, jeune homme ? Ou resteras-tu figé éternellement, prisonnier de cette position, enchaîné par les vêtements chics que tu arbores ?

Il a cette allure à la fois riche et décontractée qu’ont les jeunes hommes de bonne famille. Sa chemise blanche dont il a laissé le col ouvert me fait penser que peut-être il n’aime pas les vêtements guindés, les cols serrés d’amidon entourés de cravates strangulatoires. Je ne vois pas ses chaussures, mais le reste de sa personne me donne la certitude que ce ne sont pas ces chaussures décontractées qu’ont les jeunes habituellement. Autour de son coup, un pendentif en argent brille. C’est une croix de fer dans laquelle est gravée un R. Sur le siège à côté de lui est posée cette écharpe. Nous sommes au printemps pourtant. Et cet ornement sombre contraste violemment avec le reste de son habillement. On dit que certains ne se sentent protégés que lorsqu’ils portent une écharpe.

Fais-tu partie de ces gens, jeune homme, ou prends-tu juste soin de cacher la beauté de ton cou fin aux yeux de ceux que tu ne jugerais pas dignes de l’apercevoir ?

Il lève la voix pour demander quelque chose à une hôtesse, qui s’approche doucement. Sa voix est basse et profonde, comme si elle était restée enfermée trop longtemps. Peut-être n’en use-t-il que rarement. Lorsqu’il parle, ses dents blanches et alignées brillent pendant une seconde. Mais déjà, le dialogue est terminé. Dans un anglais parfait, il a donné ses ordres à l’hôtesse, qui s’est empressée de les exécuter.

Que vas-tu faire maintenant, jeune homme ? J’ai fermé mon carnet, je n’ai plus à y écrire. Ton regard se pose une seconde sur mes mains maintenant vides. Je sais que tu voudrais savoir ce que j’ai écrit. Mais ton souhait restera à jamais sans retour.

Histoire :


Adriel Duncan Rosewood est né un 16 juin, dans un grand hôpital anglais. Son père, Henry William Rosewood, ambassadeur pour le compte de l’Angleterre au Japon, avait pu revenir en urgence pour la naissance de son fils. Sa mère, Helena Meredith Rosewood née Bellingham, juge d’instruction reconnue, tendait les bras vers son premier fils. Sa sœur, Melinda Benedict Rosewood, âgée alors de 9 ans, se tenait sur la pointe des pieds, levant les yeux vers ce petit morceau d’humain qui venait d’entrer dans sa vie. L’archétype de la petite famille heureuse tenait à ce moment toute entier dans cette salle d’accouchement, et le bonheur d’une naissance s’étendait, prenait de l’ampleur, contaminait le médecin et le personnel présents, tâchait le plafond, dégoulinait le long des murs, coulait sous la porte pour envahir petit à petit le service entier.

Quelques jours plus tard, dans un manoir quelque peu isolé au milieu de collines et forêts, la famille Rosewood revenait installer ce nouveau venu comme il se devait. On décora une chambre, on acheta de précieux meubles qu’on installa sous le regard attendri de la mère qui berçait son enfant à longueur de journée. On invita la famille, on rit, on s’émerveilla, on gratifia le petit garçon de caresses et de babillements écœurants, puis on s’en alla, laissant la demeure froide et vide.
Entouré par ces constantes attentions, l’enfant grandit choyé et gâté. Son développement en surprenait plus d’un. Le garçon était calme, doux et tranquille. Il ne s’adonnait pas aux jeux normaux des enfants de son âge, délaissant les jouets, ne répondant pas aux provocations et aux invitations à l’amusement, restant assis à l’écart en observant les autres manifester leur joie. Ses parents, partagés entre la fierté d’un fils aussi obéissant et peu turbulent et l’inquiétude causée par sa passivité, ne faisaient néanmoins pas de remarques et laissaient vivre l’enfant dans son monde. Après tout, chaque individu était différent, et Adriel l’était seulement un peu plus.

Un jour de mars pluvieux, un évènement survint. Adriel, âgé de 5 ans, descendait prudemment l’immense escalier de marbre qui tenait la demeure lorsque le bruit caractéristique de la cloche d’entrée résonna, suivit de trois coups sourds et sans appels frappés sur la grande porte de bois. On ouvrit, et deux silhouettes se découpèrent dans l’encadrement. Depuis l’escalier, le petit garçon fixait ces inconnus qui pénétraient chez lui, et dont la venue n’avait pas été évoquée auparavant. Il pourrait aujourd’hui encore décrire avec précision le malaise qui le prit à la vue de ces deux personnages, la sensation d’affolement inexpliquée qui l’envahit, son cœur battant la chamade, ses membres se raidissant. Il se dit aujourd’hui que ce mal-être était uniquement un avertissement en vue des évènements qui allaient se produire.
En ce jour gris et maussade, Margaret Ruby Rosewood née Hodgkin, mère de Mr. Henry W. Rosewood, venait de franchir la porte de la demeure de son fils aîné, accompagné de Adrian Arnold Berenfilth, le fils orphelin de la défunte sœur de son admirable amie dont plus personne ne se souvient le nom, et qui était déjà clouée entre les quatre murs d’une maison de vieillesse. Margareth était une forte femme, dure, sévère, droite et pour qui la rigueur était maîtresse du monde. D’une bonté condescendante sans faille, elle s’était immédiatement portée volontaire pour s’occuper du jeune Adrian à la mort de sa mère. Se souvenant éventuellement que son propre fils avait lui-même un enfant qui devait probablement avoir le même âge qu’Adrian, elle avait pris la décision de venir gratifier la famille de son honorable présence. Dès lors, elle se sentit chez elle, et s’indiqua expressément préceptrice des deux jeunes gens, la jeune Melinda allant déjà au collège. Si son éducation était parfaite, leur inculquant plusieurs langues, et la connaissance profonde de ce qui les entourait, son attitude n’était pas de même. Elle étendit sa poigne de fer sur la maison, prenant en main le destin de ses habitants.

Adriel grandit alors dans la crainte de cette femme. L’attitude minaudante et affectueuse qu’elle avait avec lui en public ne cachait que trop bien les attentions sévères et brutales dont il était victime lorsque les gens tournaient le dos. Le fait est que cette chère femme n’aimait pas le garçon, et préférait de loin ce pauvre orphelin en manque d’affection qu’était Adrian. Adriel partageait d’ailleurs tout son temps avec ce garçon, contraint par la volonté inquisitrice de sa grand-mère. Adrian était un enfant chétif, frêle et maladif, avec qui la nature s’était montrée peu généreuse. Il semblait sujet à toutes les faiblesses physiques possibles, et demandait sans cesse l’attention des autres. Adriel était répugné par ce garçon blafard, dont la maigreur lui faisait montrer les os, et qui suppurait à longueur de journée une odeur fade et écœurante d’enfant malade et de médicaments. Il était effrayé par ce compagnon morbide, et sa présence imposée le rendait petit à petit malade. Il avait inexplicablement peur, et se rendait peureux de tout. De véritables crises d’angoisse le prenaient parfois, et il se cachait alors pour consumer cet état, recroquevillé, tremblant, les yeux écarquillés, étouffant ses sanglots en se mordant les poings jusqu’au sang, épouvanté par l’idée qu’on puisse le découvrir dans cet état peu honorable, et qu’on le rapporte à sa grand-mère. Jusqu’à ses 13 ans, ces manifestations restèrent discrètes, et il supportait sans broncher les agressions physiques et verbales de la sorcière qui voulait l’éduquer ainsi que la proximité épouvantable de son camarade malade, se réfugiant dans la lecture, cultivant sa solitude et son intelligence afin de trouver un moyen de s’échapper de cette insupportable situation.
Ce fut donc à cet âge que son entourage se rendit compte que quelque chose n’allait plus chez Adriel. A l’âge habituel de la rébellion, on pensa que son attitude était tout simplement due à ce changement physique et mental qui s’opère chez tous les jeunes de cet âge. Cependant, il n’agissait pas dans les cris et la violence, contrairement à ce qu’on avait observé chez sa sœur, et ce que l’on observait au même moment chez Adrian. Non, Adriel se contentait de regards assassins, de paroles meurtrières qu’il logeait comme une balle dans la tête de ses opposants, et d’une indifférence parfaite au monde qui l’entourait.
Se voyant toujours imposer la présence de son ignoble camarade, il commença à développer d’étranges manies. Il repassait encore et sans cesse derrière Adrian, trouvant que ce que son camarade faisait était médiocre, viscéralement dérangé par ce qu’il mettait en place, ne pouvant s’empêcher de tout réorganiser à sa façon. Il sentait en lui des pulsions meurtrières à l’égard de cet individu qui le répugnait, et s’imagina plus d’une fois serrer son long cou maigre entre ses doigts pour faire disparaître cette tâche de saleté de sa vie. Mais, le sachant sous la protection de sa grand-mère, il n’en faisait rien, et agissait sur lui de manière indirecte, le faisant accuser pour des fautes que lui commettait, ne perdant pas une occasion de l’humilier discrètement, de l’effrayer et de le rendre fou comme lui l’avait rendu fou.

Il s’emmurait dans la solitude, ne réussissant plus à supporter la présence de ces deux créatures. Un soir, lors d’un repas, quand il avait 18 ans, on remarqua tout de même son attitude étrange. Lorsque la sorcière lui reprocha sa tenue à table, tout le monde pu apercevoir cette lueur de haine effrayée qui passa dans ses yeux écarquillés. Dès lors, il laissa libre cours aux manifestations de ses angoisses, comme si ce soir, une barrière s’était définitivement effondrée. Ses parents le regardaient douloureusement marmonner pour lui-même dans un coin d’une pièce, et se retourner brusquement vers eux en les entendant arriver, l’air épouvanté, avant de doucement se calmer en les reconnaissant. On lui fit consulter des psychologues, puis des psychiatres, espérant qu’on puisse mettre un terme à cette attitude. Si la mère souffrait énormément de voir son enfant malade, le père s’inquiétait tout autant de sa renommée et de sa situation. Si il venait à se savoir que son fils était fou, il en était terminé de sa carrière. Comment pourrait-il alors subvenir aux besoins de sa famille.

L’avis d’internement déposé par les psychiatres tomba brusquement, un jour de pluie.

Informations Diverses

    Code du règlement : code validé par Madame
    Manga et personnage de l'avatar : Gin Tama - Hijikata Toushirou

Et toi mon agneau ?





    Ton prénom / surnom : Seb’
    Période de présence sur le forum : Je vais essayer de venir un peu tous les jours.
    Autre chose que tu souhaiterais partager avec moi : Euh … Non.


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Katsuya Mori
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Administratrice ~ Princesse
Messages : 563
Date d'inscription : 14/02/2012

Un peu plus ~
Age: 20 ans
Pathologie: Hallucinations Psychosensorielles
Poste:
MessageSujet: Re: Un énième cas [Fini] Mer 4 Juil - 12:46

Hellow =)

Bon ben que dire... Je l'ai savourée du début à la fin.
Ta fiche est juste WHAOU ! J'aime. J'aime et j'aime !!
*en est pratiquement tombée par terre*

En tout cas, tu es validé avec un immense V !

Je te demanderais maintenant de suivre le guide pour te référencer ou tu le dois, et tout sera parfaiiiit \o/
http://asile-hisshi.forumgratuit.org/t204-vous-etes-perdus-suivez-le-guide#1474

Bienvenue à Hisshi !

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Un énième cas [Fini]

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