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Simplement repartir. [PV : Rosa Otta]

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MessageSujet: Simplement repartir. [PV : Rosa Otta] Mer 4 Juil - 22:42

Deux questions importantes se posaient à lui pour l’instant. La première, c’était de comprendre pourquoi on l’avait interné dans cet endroit. Il n’était pas fou, il ne se sentait pas tellement différent des autres. Il savait qu’il était particulier, mais cela ne valait-il pas cent fois mieux qu’être vulgairement normal ? Cette sorcière qui détruisait sa vie à petit feu, elle méritait d’être à sa place. Cet être répugnant dont on lui avait imposé la compagnie de si longues années, lui était malade et aurait dû à ce moment marcher entre les arbres vers cet établissement inconnu et peu accueillant. Mais non. C’était lui, Adriel, qu’on avait arraché à son foyer et à sa vie, et qu’on avait envoyé sans remords dans un asile de fous. La deuxième question, c’était de savoir pourquoi on l’avait envoyé aussi loin. Il y avait des établissements proches de chez lui. Et il se retrouvait à l’autre bout de la Terre, sans repères, dans un pays dont les seules choses qu’il connaissait lui avaient été apportées par des livres.En vérité, il restait une troisième question importante. C’était certainement celle à laquelle il était le plus difficile de répondre. Combien de temps allait-il rester ici ?

Et il se torturait l’esprit, pendant qu’il avançait doucement entre les arbres, encadrés par deux hommes qui ne lui adressaient pas la parole. L’air était lourd et chaud autour de lui, une atmosphère d’été. Et la chaleur. Une chaleur oppressante, pesante, de celles qui s'appuient sur les épaules des pauvres promeneurs, leur faisant courber l'échine et traîner les pieds. Au-dessus de lui, un ciel d’un blanc crayeux se tenait bas et lourd, annonçant un orage prochain. Et dans cette atmosphère pesante, la bâtisse apparut. Adriel plissa les yeux pour ne pas avoir à regarder cet endroit. Ainsi faisant, il ne voyait plus que des taches brunes et floues dans l’air tremblotant. Il franchit le seuil de l’établissement sans un mot, et reçu l’ordre bref d’attendre. On le laissa seul, et il put enfin réfléchir en paix.

Blanc. C’était le seul mot qui lui venait à l’esprit pour décrire cet endroit. Laid aussi. Triste. Finalement, tout un panel de termes dépréciatifs lui venait à l'esprit, quand il se donnait la peine d'y penser. Il avait du mal à croire qu’il resterait dans cet endroit. Il ressentait beaucoup de choses, de la colère, de la tristesse, mais aussi de la peur. Cet endroit lui faisait peur. Il n’aimait pas le changement, il exécrait la nouveauté. Tout ce blanc lui montait à la tête. Il était réellement fou, alors ? Il allait se retrouver en camisole de force, enfermé dans une cellule capitonnée ? Il ne s’était jamais rendu compte qu’il fût fou. Avait-il fait du mal à quelqu’un ? Peut-être avait-il finalement tué Adrian, et c’était la raison de son envoie ici. A cette pensée, son cœur s’accéléra. Il fut presque sonné par l’immense satisfaction qui montait en lui, par cette joie aussi soudaine qu’imprévue. Non, non, il n’aurait jamais pu tuer quelqu’un. Il avait toujours été maître de lui-même. Il était inutile qu’il commence à chercher une raison à sa présence ici. Il était juste devenu gênant pour cette horrible femme, et elle avait fait en sorte d’être débarrassée de lui. Son cœur et son regard s’emplirent d’une haine douloureuse. Il avait été bien, et il avait laissé quelqu’un lui enlever cela. Il aurait voulu crier, hurler sa haine et sa colère de toutes ses forces, jusqu’à en cracher du sang, que de fines gouttelettes rouges éclaboussent le carrelage blanc.
Mais il n’en faisait rien. Il restait, immobile, droit comme un i, ne voulant rien perdre de son attitude noble. Il n’était pas fou, il n’allait pas agir comme un fou. Il n’était pas comme ces gens enfermés, c’était une erreur, il n’avait été envoyé ici qu’à la suite du vœu d’une vieille femme pleine de colère. Il fallait qu’elle meure, et il s’en irait. Il épousseta sa veste d’un air distrait. Il ne voulait plus attendre, il voulait repartir. Après tout, il avait été laissé tout seul devant cette porte d’entrée encore grande ouverte. Rien ne l’empêcherait de repartir comme il était venu. Il se retourna et franchit la porte en sens inverse, priant de tout cœur que personne parmi les gens qui se promenaient dans les jardins de l’établissement ne le remarque.

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MessageSujet: Re: Simplement repartir. [PV : Rosa Otta] Jeu 5 Juil - 16:30

"-On a un nouveau patient demain. Un anglais de 20 ans.
- Un anglais ? Pourquoi il vient ici ?
- Aucune idée. Tout ce que je sais c'est que sa famille est très riche. Et qu'il a un sérieux problème; il a un comportement passif-agressif assez poussé, d'après son dossier médical.
- Ah et....
"
Rosa Otta avait intercepté cette discussion entre deux médecins de l'hôpital, pas plus tard qu'hier.
Cette bribe de conversation était revenue en mémoire à la jeune femme quand elle vit un homme arriver à l'asile.

Rosa était en train de se promener dans les jardins, pour prendre un peu l'air. L'atmosphère de l'établissement était étouffante, elle se sentait suffoquer. Cela lui arrivait de temps en temps, ici, alors elle avait pris l'habitude d'aller à l'extérieur. La vue d'un paysage vivant, calme et serein l'apaisait. Elle s'asseyait et attendait que ses crises d'angoisses passent. Elle regardait le ciel, ou les arbres bouger au gré du vent, quand elle entendit une voiture se garer en face d'Hisshi. Rosa se rappela alors de ce qu'elle avait entendu.

Plus par ennui que par curiosité, elle regarda par les rares grillages qui bordaient l'immense jardin. Elle y vit un homme arriver, entouré de deux autres personnes, tous les trois avançant en silence. Celui du milieu était le seul qui semblait correspondre à la maigre description qu'elle avait du nouveau patient. Il avait l'air plus ou moins du même âge qu'elle, était grand, et brun. Elle ne pouvait pas discerner correctement les traits de son visage de là où elle était, et le grillage gênait sa vue. Cependant, elle pouvait remarquer qu'il marchait le dos droit, avec une certaine classe. Ses vêtements et son allure ne pouvaient que révéler sa richesse.
L'individu se dirigeait vers l'entrée, mais contrairement à elle, il ne semblait pas avoir décidé de lui-même de venir ici. Pourquoi pensait-elle ça ? Un pressentiment peut-être, mais elle sentait comme s'il reculait, à chaque pas. Peut-être pensait-il que cet endroit n'était pas pour lui. Rosa se leva, et rentra dans le bâtiment. De loin, elle pouvait le voir. Il avait franchi le pas de la porte. Il avait l'air perdu dans ses pensées, le regard sombre. Rosa avançait calmement, mais elle n'allait pas à sa rencontre. Elle s'arrêtait à quelques mètres de lui et l'observait... Si ça continue, il va partir, ou en tout cas, il en a très envie. Elle le voyait regarder l’extérieur, la porte étant encore ouverte. Mais même s'il décide de repartir, je ne pense pas qu'il puisse, il y a des gardes devant l'établissement. Ils l'en empêcheront. "Nul ne peut s'enfuir d'Hisshi", parait-il. A peine avait-elle finit sa phrase, qu'il tourna les talons et se précipitait vers l'extérieur.
Les bras croisés et le regard fixé vers cet homme épris de liberté, elle attendait de voir ce qu'il allait advenir de lui.
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MessageSujet: Re: Simplement repartir. [PV : Rosa Otta] Jeu 5 Juil - 22:06

Adriel avançait le long du chemin, le regard fixé devant lui, la tête haute, le dos droit. Il ne voulait pas donner l’impression qu’il puisse être malade. Il était entré fier, il ressortirait fier. Il n’avait rien à faire ici, personne ne devait l’entraver dans sa route vers la sortie. Ces pensées tournaient inlassablement dans son esprit, comme une mélodie, ou presque un chant guerrier pour se donner du courage. Mais malgré cela, il sentait son cœur battre la chamade et des gouttes de sueur couler le long de son cou. Le monde extérieur s’effaçait peu à peu autour de lui, tandis que seul lui apparaissait son but. Marcher, droit devant, ne pas s’arrêter. Atteindre la sortie et s’en aller à jamais. Son cœur allait finir par sortir de sa poitrine s’il ne se calmait pas, et il lui semblait que chacun des battements de ce petit organe résonnait dans l’air comme milles tambours, hurlant haut et fort sa présence et son évasion. Mais il ne s’arrêtait pas. Il avait l’impression qu’il marchait depuis des heures, et il n’avait pourtant effectué que quelques mètres. Chaque pas l’amenait un peu plus près de son but.

L’exclamation tomba vive et nette derrière lui, et elle fut pour Adriel comme le coup de feu du starter. Sans réfléchir, il s’activa et s’élança sur le chemin. Il courait, comme il n’avait jamais couru, les yeux écarquillés, sentant uniquement son échine se hérisser, ses pieds martelant le sol. Il entendait derrière lui les pas plus lourds de ses gardiens, tandis qu’il fuyait de toute la force de son corps, abandonnant derrière lui cette immense prison froide. Mais il n’avait jamais été très bon à la course. S’il n’était pas mauvais, d’autre le surpassaient largement. Il fut rattrapé bien avant d’avoir pu atteindre les portes, avant même que la grande bâtisse ait disparu de sa vue. Le choc le prit au creux des reins, et il tomba au ralenti dans la poussière de la terre sèche, son flanc heurtant durement la surface solide du sol. Ecrasé par le poids de l’homme qui l’avait plaqué au sol, il ne put qu’être témoin de son propre échec. Il maudissait de toute son âme ces êtres abjects qui osaient le retenir, les fixant d’un air mauvais, concentrant toute sa haine dans ses yeux, se débattant pour leur échapper. Il fixait leur visage en ayant envie d’y planter ses doigts et de le leur arracher, eux qui lui faisaient maintenant perdre sa prestance en le traînant sur le sol, indifférents à ses efforts pour se défaire de leur étreinte. Adriel le savait, ils auraient voulu qu’il hurle, qu’il se débatte plus, qu’il agisse comme un fou. Mais il n’était pas un fou, il le montrerait jusqu’au dernier moment. Il ne pousserait pas un cri, ne proférerait pas une insulte.

La pensée que sa tentative d’insurge puisse parvenir aux oreilles de sa famille lui frappa soudainement l’esprit. Quels seraient leurs réactions lorsqu’ils apprendraient que lui, Adriel, avait tenté d’échapper à leur souhait ? Son père serait désolé, sa mère serait triste, sa sœur ne comprendrait pas. Adrian serait moqueur, et elle serait en colère. A cette idée, il sentit son corps se relâcher brusquement pour obéir totalement à la volonté de ses gardiens. Pourrait-elle vraiment traverser la planète afin de lui administrer elle-même la correction qu’elle estimait qu’il méritait ? Epouvanté, il abandonna toute lutte. Cette peur irrationnelle qui s’emparait alors de lui prenait le dessus sur tout esprit d’opposition. Il ne voyait qu’un brouillard blanc au travers duquel il était guidé à l’aveugle. Une voix le fit revenir à la réalité. La sienne, débitant à voix basse des paroles que lui-même ne comprenait pas. Il fut jeté sur une chaise où il s’affala comme un paquet de chiffon. Il lui fallut plusieurs minutes afin de retrouver un calme apparent, bien que son être bouillonnât encore d’un mélange de peur et de colère.
Il leva les yeux, et la première chose qu’il croisa fut le regard d’une inconnue. Elle avait manifestement assisté à toute la scène, et il se sentait mal, sali par la poussière, ses vêtements froissés, son visage portant encore les traces d’un effroi notable, face à elle et son maintien droit, ses vêtements classieux et son regard inquisiteur. Etait-elle malade, elle ? Il n’aimait pas ses cheveux, ils n’allaient pas avec le reste de sa personne. Il n’aimait pas non plus la façon dont elle le regardait. Il se redressa immédiatement et épousseta ses vêtements pour en faire disparaître la poussière, avant de poser sur elle un regard bleu et calme.

- Excusez-moi. Pourriez-vous arrêter de me fixer ainsi, s’il vous plaît ? C’est embarrassant.


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MessageSujet: Re: Simplement repartir. [PV : Rosa Otta] Sam 7 Juil - 18:19

Elle le voyait maintenant de près, puisqu'il avait dû réintégrer l'établissement, jeté sur une chaise par les gardiens. L'image d'un homme élégant et impassible s'était envolée quand elle le vit courir à toute vitesse avant de s'écraser au sol sous la charge des deux molosses. Il était à présent couvert de sable, tout débraillé, les cheveux en bataille. Il gardait tout de même une certaine classe naturelle. Rosa, gardant la scène en mémoire, était quelque peu intriguée par ce nouveau patient. Il est venu ici, surement contre son-gré, avait détalé pour échapper à ce destin qu'il ne voulait pas, mais à été rattrapé par la réalité. Il a du courage. Mais s'il est malade, c'est ici qu'il doit être. Il faut être raisonnable. Enfin peut-être n'a t-il pas conscience de son propre trouble. Peut-être. Elle se surprenait à essayer de comprendre pourquoi il agissait ainsi, à essayer de savoir ce qu'il ressentait face à ce qu'il venait de vivre. Depuis qu'elle avait intégré l'hôpital elle réfléchissait de plus en plus aux gens qui l'entouraient, comment ils ont pu en arriver là, pourquoi ils ont sombré dans la folie... Beaucoup de questions lui venaient à l'esprit et la poussait à réfléchir à sa propre condition. Elle voulait guérir. L'inconnu qui ne l'était plus tellement après avoir livré, involontairement, une partie de sa personnalité à Rosa lorsqu'il s'enfuyait, lui, n'avait pas l'air d'avoir envie de guérir.

Il s'était maintenant calmé, après plusieurs minutes à garder le silence. Rosa le regardait toujours, curieuse de savoir qui était cet homme qui avait fait son entrée à Hisshi. D'ici, elle pouvait voir son visage. Et ce qui la frappait était ses yeux grands et bleus. Elle ne voyait qu'eux, comme s'il n'y avait qu'eux au milieu d'un visage vide. Étrange vision. Surtout depuis qu'il la fixait aussi. Elle sentait ses iris l'examinant de bas en haut pour s'arrêter plus longuement sur sa chevelure. Elle pu voir sur son faciès une expression de dégoût. Il est vrai que depuis quelque temps sa trichotillomanie s'était amplifiée, et la santé de ses cheveux avait pâti de ce mauvais traitement. Ils étaient plus ternes, s'étaient même un peu clairsemés par endroits, mais elle avait fait son maximum pour que cela ne se voie par trop... Mais lui s'en était aperçu. Peut-être trouve-il que je suis hideuse ? Cette pensée la mit mal à l'aise à tel point qu'elle eu un mouvement de recul, et une expression de peur se reflétait sur tout son corps. Ce que Rosa ne savait pas, c'est que c'était surtout elle qui avait peur de se trouver hideuse, qu'elle ne supportait pas l'idée qu'elle puisse repousser les autres rien que par son apparence, et encore plus qu'elle puisse avoir peur de son propre reflet dans le miroir. Elle ne voulait absolument pas que sa maladie psychique se dévoile aux yeux de tout le monde rien qu'en regardant son corps. Elle pu alors discerner les autres traits de son visage. Le rictus qui laissait paraître sa répulsion face à la vision de ses cheveux l'a tellement surprise qu'elle ne distinguait plus que cela. Malgré cela, le jeune homme avait les traits fins. Elle pouvait même dire qu'il était plutôt beau garçon.

"Excusez-moi. Pourriez-vous arrêter de me fixer ainsi, s’il vous plaît ? C’est embarrassant." Une voix profonde mais calme vint la sortir de sa torpeur, pour la couvrir de honte. En effet, elle se sentait coupable de l'avoir épié de la sorte. Elle n'aimait pas gêner les gens. Mais elle ne pensait pas une seconde que le contempler alors qu'il cherchait à fuir à un destin qu'il ne voulait pas, puisse le rendre mal à l'aise.
Elle replaça ses cheveux derrière ses épaules, en regardant par terre, et s'excusa d'avoir agit de la sorte. Elle rajouta : "Vous voir agir de la sorte m'a juste rendue curieuse de savoir qui vous étiez, et pourquoi vous étiez là. Enfin plutôt pourquoi vous ne vouliez pas être là. Pardonnez-moi, encore une fois, je ne pensais pas vous importuner."

Elle inspira un grand coup et expira, comme pour faire partir son malaise. Elle réussissait un peu mieux à contrôler ses angoisses, depuis qu'elle était à l'hôpital psychiatrique. Redressée, les cheveux remis en arrière et sa veste réajustée, elle retrouvait la silhouette gracieuse qu'elle avait habitude de montrer.
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MessageSujet: Re: Simplement repartir. [PV : Rosa Otta] Dim 8 Juil - 19:56

Malgré ses cheveux abîmés et ternes, la jeune femme restait très belle. Quel dommage de gâcher cette beauté ainsi. Il suffit d’un simple coup de pinceau raté pour ruiner toute une œuvre d’art. Heureusement, son maintien droit et son allure rattrapaient ce défaut, sans toutefois l’effacer. Car Adriel traquait les défauts. Il les cherchait, les découvrait, les mettait à jour, jusqu’au plus infime d’entre eux. Et il aimait se révéler leur existence afin de se convaincre que lui était parfait, même si c’était loin d’être la vérité. Mais cette fois-là, il garderait cela pour lui. Il ne voulait pas blesser cette jeune femme qu’il ne connaissait pas. Mais manifestement, c’était déjà le cas, à en juger par la façon dont elle baissa les yeux sur le sol. Même s’il s’efforçait d’avoir l’air poli, il n’arrivait jamais à effacer la froideur de sa voix.

- Vous voir agir de la sorte m'a juste rendue curieuse de savoir qui vous étiez, et pourquoi vous étiez là. Enfin plutôt pourquoi vous ne vouliez pas être là. Pardonnez-moi, encore une fois, je ne pensais pas vous importuner.

Au moins, elle ne faisait pas partie de ces gens qui s’énervaient dès qu’on leur adressait une simple requête ou critique. Il se sentait un peu gêné de l’avoir agressée ainsi, mais qu’y pouvait-il ? Il se retrouvait dans cet endroit sans l’avoir demandé, sans qu’on lui dise pourquoi, et il venait de se faire traîner sans ménagement sur le sol. Sa vie s’écroulait du jour au lendemain. Il estimait donc pouvoir avoir le droit d’être de mauvaise humeur. Tant pis si ça voulait dire que les autres aient à le supporter, si ça ne leur convenait pas, ils n’avaient qu’à s’en aller.
Et elle voulait savoir ce qu’il faisait là. De quoi se mêlait-elle ? Elle ne le connaissait même pas. C’était sans aucun doute une personne bien singulière que cette demoiselle. Elle n’était certainement pas médecin, non. Un membre du personnel n’aurait pas réagi ainsi à sa phrase, mais l’aurait plutôt remis à sa place proprement. Pourtant, elle n’avait pas l’air fou. Mais tout ce qu’il avait vu sur les hôpitaux psychiatriques sortaient de livres ou de films. Et les livres ou les films ne rendent pas toujours la réalité. Peut-être était-elle là par erreur, comme lui. Il ne devait certainement pas être le seul de cet endroit à avoir atterrit ici par la simple volonté d’une personne avec quelques moyens financiers.

- Je ne devrais pas être ici, je n’ai aucun problème. Pas de grave en tous cas. On a juste voulu se débarrasser de moi. Du reste, si vous vouliez savoir quelque chose sur moi, le plus simple aurait encore été de venir me poser la question.

Adriel essayait au mieux d’avoir l’air calme. Plus il se montrait maître de lui-même, plus les gens comprendraient qu’il n’avait rien à faire ici. La première personne qui entendrait son histoire comprendrait que c’était uniquement un coup monté pour qu’il s’en aille. Juste parce qu’une ignoble personne avait cru bon de pouvoir le détester, il se retrouvait dans cet endroit qui ne ferait que le rendre fou davantage. Il regarda l’inconnue, se demandant ce qui l’avait amenée ici. Il voulait lui poser la question, mais cela lui semblait d’une grande inconvenance, et après quelques secondes d’hésitation, il garda finalement le silence, les yeux fixés sur le mur blanc en face de lui. Il commençait à avoir mal au crâne, cet endroit lui faisant tourner la tête, mais il n’avait rien emmené qui puisse y remédier. On lui avait dit d’attendre, mais attendre quoi au juste ? Il jeta un œil vers la porte et rencontra immédiatement le regard d’un des hommes qui l’avaient pourchassé, et il se retourna rapidement, retenant un frisson de dégoût. Il haïssait déjà cet endroit.
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MessageSujet: Re: Simplement repartir. [PV : Rosa Otta] Ven 13 Juil - 0:21

Il parlait d'un ton très sec, ce qui ne faisait qu'accentuer le malaise que ressentait Rosa face à son interlocuteur. Cependant, elle avait l'impression qu'avec sa deuxième phrase, il lui laissait l'opportunité de lui poser une question. Mais elle ne le fit pas de suite.

Ce jeune homme avait l'air complètement perdu. Il n'avait rien à faire là ? Alors pourquoi l'aurait-on envoyé ici ? Pour rien ? C'est impossible. Les médecins lui ont décelé une maladie et c'est pour cela qu'il est ici. D'ailleurs c'est ce que j'ai entendu dans les couloirs. Le jeune homme, dont elle ne connaissait toujours pas le nom, ne voulait absolument pas être ici.

"Hier j'ai entendu parler deux médecins. Ils disaient qu'un nouveau patient allait arriver ici, et qu'il souffrait d'un comportement passif-agressif. C'est vous n'est-ce pas ? Je ne veux pas être indiscrète ni m’immiscer dans votre vie privée, mais maintenant vous êtes ici et apparemment vous ne pourrez pas en sortir tant que vous ne serez pas guéris... Pas que je vous traite de malade, bien sûr que non. Je vois bien que vous n'êtes pas complètement fou, comparés à certains qui sont ici. Alors.... Si vous vivez très bien avec votre trouble et que vous-même n'avez pas décidé d'être interné dans cet hôpital, que s'est-il passé pour que vous arriviez ici ?" Rosa fit une petite pause de quelques secondes, en regardant dans le vide. "Il n'y a rien de pire que d'être forcé à faire quelque chose qui nous déplaît. Au fond, je comprends votre fuite, au final. Mais maintenant que vous êtes-là, qu'allez vous faire ? Vous résigner ?"

Rosa s'était étonnée d'avoir autant parlé. Un long monologue, qu'elle dit calmement, et où on pouvait sentir qu'elle trouvait cet inconnu intéressant. Depuis qu'elle était à Hisshi, elle avait un peu moins peur des gens, qui pouvaient lui ramener des maladies, et, de ce fait, se sentait un peu plus libérée. Il était plus facile pour elle de parler à autrui. Elle gardait malgré tout une certaine distance entre elle et celui avec qui elle parlait, parce qu'il ne fallait pas non plus trop brusquer les choses. Elle ne pouvait pas du tout se dire guérie, et savait que si elle s'approchait de quelqu'un d'un peu trop près, elle allait angoisser. Surtout qu'il venait de l'extérieur,et, qui plus est, était tombé par terre. Rosa restait donc bien là où elle était, ne bougeait pas, alors que le jeune homme était assis sur une chaise.

Elle voyait qu'il ne répondait pas, surement pour réfléchir, ou se calmer. Il était possible qu'il ne l'avait même pas entendue. Elle rajouta :

"On me prend souvent pour un médecin, ici, parce que je paraît "normale", disait-elle en mimant des guillemets avec ses doigts, mais vous savez je suis venue ici de moi-même. Je ne suis pas ici par hasard. Je ne pense pas être "folle" à proprement parlé, mais je suis malade. Et j'ai besoin d'être soignée. Et vous ? Vous n'avez vraiment rien ?"

Sa question posée, elle tourna la tête du côté opposé à l'entrée, comme pour se détacher de cette discussion qui commençait un peu à être embarrassante. Parler d'elle et de sa maladie la troublait toujours un peu. Elle en avait honte, mais n'hésitait pas à le dire, puisqu'ici tout le monde était dans le même sac. En attendant qu'il lui réponde, Rosa regardait le mur, pensive, en touchant ses cheveux.
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MessageSujet: Re: Simplement repartir. [PV : Rosa Otta] Sam 14 Juil - 20:00

Adriel écoutait le discours de la jeune femme attentivement, tout en continuant à frotter ses vêtements pour les débarrasser de la poussière qui s’y était accrochée lorsqu’il avait été traîné sur le sol. Il avait eu beaucoup de chances que le tissu n’ait pas été déchiré par les frottements. Cette veste lui avait coûté une fortune, la voir endommagée lui aurait fortement déplu. Il n’arrivait déjà pas à retirer toute la saleté de sa manche gauche, quelques grains de sable et de poussière lui tenaient fortement tête, ce qui l’énervait au plus haut point. Il frottait le tissu, exaspéré, dans une vaine tentative de faire partir cette tâche.
Cette fille parlait beaucoup. Adriel était toujours étonné de voir la facilité avec laquelle certaines personnes parlaient aux inconnus. Il suffisait de leur laisser entrevoir une possibilité de parler et ils s’y attelaient avec plaisir. La plupart du temps, Adriel se contentait de les laisser s’épandre en paroles et discours à rallonge, ne cherchant même pas la peine de donner l’impression d’écouter. Cette fois-là pourtant, il écoutait ce qu’elle disait, soucieux de glaner quelques informations sur cet endroit. Mais elle ne lui disait rien de ce qu’il voulait entendre, il n’entendait d’elle que des propos insensés. Un comportement passif-agressif ? Lui ? C’était complètement absurde, il ne savait même pas ce que c’était. Comment pouvait-il être atteint de quelque chose sans le savoir ? Non, ça n’était pas lui, les médecins parlaient de quelqu’un d’autre, clairement. Il n’avait aucun trouble, aucun problème. « Vous n’êtes pas complètement fou. » Il n’était pas fou du tout, il n’avait rien à faire là, c’était une énorme méprise. Quelqu’un finirait bien par s’en rendre compte. Il gardait le silence face à ce discours, ruminant ses pensées avec inquiétude.
Il ne voulait pas rester ici. Il ne pourrait pas s’y habituer, il n’avait jamais connu d’autre cadre que celui dans lequel il avait grandi. Certes, ça n’avait été un cadre idéal, au contraire, mais c’était ce qu’il connaissait, ce à quoi il était habitué. Lui qui n’aimait pas la foule et le monde, il se retrouvait dans un asile où circulaient probablement plusieurs centaines de personnes. Il détestait le désordre, mais ici, tout le monde était plus ou moins dérangé. Et à mesure où les secondes passaient et où il continuait à attendre sans que rien n’arrive, sa certitude d’avoir été envoyé ici par erreur s’évanouissait peu à peu laissant place au doute.

- On me prend souvent pour un médecin, ici, parce que je parais "normale", mais vous savez je suis venue ici de moi-même. Je ne suis pas ici par hasard. Je ne pense pas être "folle" à proprement parlé, mais je suis malade. Et j'ai besoin d'être soignée. Et vous ? Vous n'avez vraiment rien ?

Adriel leva doucement les yeux vers elle, intrigué. Elle était belle et bien patiente ici alors. Le simple fait de venir ici de soi-même lui paraissait aberrant et constituait de toute façon pour lui un motif légitime pour un internement immédiat. Le résultat revenait donc au même. Si ça lui plaisait de passer sa vie au milieu d’êtres détraqués, pourquoi pas.
Cette question qu’elle lui posait… Est-ce que vraiment il n’avait rien ? Il en était de moins en moins sûr. Il comprenait qu’on veuille se débarrasser de lui, mais pourquoi dans un asile ? Son père avait des connaissances partout dans le monde, il aurait pu tout simplement l’envoyer chez l’une d’entre elles. Et pourquoi avait-il été le seul de sa famille à trouver que la décision de l’interner était grotesque ? Sur le coup, il avait cru à une énorme farce. Et même cette fille totalement inconnue avait pris pour acquis le fait qu’il avait un problème, sur de simples rumeurs entendues au détour d’un couloir. La folie pouvait-elle se lire sur un visage ? Son cœur tomba dans sa poitrine à l’idée que ses traits puissent être déformés par la haine, la tristesse et la peur, indiquant ainsi un trouble à quiconque posait les yeux sur lui.

- Je… Non. J-Je n’ai jamais rien eu. Ou on ne m’a rien dit. Comment le saurais-je si j’avais quelque chose. Mais je n’ai rien. Rien !

Adriel avait presque crié ce dernier mot. Il se faisait de plus en plus hésitant dans ses propos, paniqué par cette jeune femme qui le faisait douter de lui. Il se souvenait d’avoir souvent pensé et parfois même murmuré une suggestion de folie. Ils vont me rendre fou, ils m’ont rendu fou. Il regrettait d’y avoir si souvent fait allusion lorsqu’il était chez lui. Et cette tâche sur sa manche qui ne voulait pas partir ! Il frottait depuis tout à l’heure, de plus en plus fort, le tissu lui brûlait le bras. Un gémissement angoissé s’échappa de ses lèvres. Il ne pouvait plus supporter de voir ça, il fallait que ça s’en aille. Que faisait-il ici, qu’attendait-il exactement ? Combien de temps allait-il devoir rester dans ce hall en attendant qu’on veuille bien lui expliquer ce qu’il se passait ? Qu’est-ce que je fais là, qu’est-ce que je fais là ?

- Qu’est-ce que je fais là ?!
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MessageSujet: Re: Simplement repartir. [PV : Rosa Otta] Jeu 9 Aoû - 23:50

Elle le voyait essuyer frénétiquement sa manche. Il avait l'air complètement désorienté et cette salissure n'arrangeait rien. Cela semblait l'obséder et le rendre encore plus mal à l'aise. Rosa le regardait s'atteler à sa tâche, se demandant pourquoi cela le tracassait autant.
Alors qu'elle lui parlait, il se s'arrêtait pas moins de frotter son vêtement, et ne l'écoutait que d'une oreille, ayant l'air pensif. L'angoisse prenait forme sur son visage au fur et à mesure que le monologue de Rosa avançait, puisqu'il réfléchissait de plus en plus à sa condition ici. Comme il le lui avait dit auparavant, il ne comprenait absolument pas pourquoi il avait été envoyé ici. Et Rosa avait décidé de lui parler, en espérant, peut-être, que discuter un peu lui remette les idées en place. Cependant son interlocuteur se montrait absent, jusqu'au moment où elle prononça cette phrase fatidique : "Je suis venue ici de moi-même." En le regardant réagir à ses propos, elle cru avoir dit une aberration. Il semblait ne pas comprendre qu'une telle chose soit possible. Pour lui, être ici ne devait pas être synonyme de changement et de guérison, mais d'enfermement et il appréhendait certainement de se retrouver dans un asile psychiatrique. Et il avait raison en un sens. Rosa avait peur de ces aliénés, qu'ils la rendent folle, ou devrait elle dire, encore plus folle qu'elle ne l'est déjà... Mais elle se faisait violence, et c'était pour cela qu'elle était ici : guérir, ne plus croire que toutes les maladies pouvaient être contractées en un battement de cils, et que les gens n'étaient pas que des microbes ambulants. De ce fait, elle comprenait quand même assez bien ce nouveau venu. Vivre dans un tel établissement l'effrayait, et imaginait avec certitude que les autres allaient le rendre fou. C'est ce qu'elle pensait elle aussi au début. Pourtant, Rosa savait qu'elle était là pour son bien. Ce qui n'était pas du cas du jeune homme. Après avoir pu lire l’effroi sur sa figure, il se décida à parler. Seulement, que quelques mots, et avec difficultés, sortirent de sa bouche. Il parlait avec hésitation, pour finir en forçant sur sa voix, à tel point qu'elle avait résonné dans le hall, où plus qu'eux deux se tenaient.
Après une bonne minute de réflexion intense, alors que l'angoisse pouvait se lire sur tout son corps, il lança désespérément "Qu'est-ce que je fais là ?!". Cela faisait un peu mal à Rosa de voir quelqu'un dans un état pareil. Elle ressentait son mal-être, c'était comme si il lui passait ses angoisses. Rosa étant hyperanxieuse, elle était donc très sensible à l'humeur de ceux qui l'entouraient. Depuis le début de sa rencontre avec le jeune homme, quand elle le regardait de loin, quand il vint s'asseoir près d'elle dans le hall, et même quand elle se mit à parler, elle se sentait plutôt bien. Elle avait quelque peu gardé ses distances et s'adresser à lui l'avait conservée dans cet état "neutre". Mais le voir angoisser, frotter avec insistance son bras, et l'entendre dire qu'il ne savait vraiment pas pourquoi il était là, commençait à l'inquiéter. Bien qu'elle n'aimait pas se mêler des affaires des gens, et encore moins de ceux qu'elle ne connaissait pas, elle ne pouvait pas se résigner à laisser cette personne sans réponse.
"Qu'est ce que vous faites là ? Je ne sais pas, je ne vous connais pas. Mais vous croyez qu'on vous aurait envoyé ici sans raison ? Je ne connais pas votre famille ni votre médecin, mais ils ne peuvent pas vous faire interner sans raison. Vous pensez ne pas être malade... C'est étrange que vous vous retrouviez ici, si même vous, vous ne connaissez pas votre problème."
Elle le regardait, toujours dans le même état qu'auparavant, mais encore plus pensif. Il la regardait, les yeux écarquillés par la détresse, l'incompréhension, ou peut-être même la rage d'avoir été jeté ici sans aucune raison valable connue. Il la fixait. Qu'attend-il de moi ? Peut-être attend-il que j'arrive à lui faire comprendre pourquoi il est ici ? Mais je ne pense pas en être capable... Il n'y a que lui qui puisse le savoir.
"Je ne peux pas faire grand chose pour vous, peut-être voulez-vous que je vous accompagne pour chercher un employé, un médecin, etc, pour qu'on vous dise ce qu'il va advenir de vous, et pourquoi vous êtes là ? Je veux bien vous aider..." Rosa voulait rajouter qu'il la préoccupait , lui qui avait l'air paralysé par tout ce qui venait de se passer à l'instant, et qu'elle voulait l'aider si elle le pouvait car elle ne voulait pas le laisser dans cette impasse. Mais elle ne le fit pas, elle n'osa pas de peur d'être trop intrusive. Elle gardait donc cela pour elle. Elle n'arrêtait pas de se toucher nerveusement les cheveux pour chasser le stress accumulé, et respirait plus rapidement. Elle essayait de se calmer, et regardait un peu autour d'elle pour éviter de voir le jeune homme qui lui renvoyait son anxiété. Elle restait à côté de lui, espérant qu'il se calme un peu en voyant qu'il n'était pas seul, et qu'il comprenne qu'il n'y avait pas que des fous furieux dans cet hôpital. Elle s'assit sur une chaise près de la sienne, pour se reposer, mais laissait quelques chaises entre eux deux pour qu'ils ne s'étouffent pas, tous les deux ayant besoin d'air.

[Voilà j'ai enfin répondu. J'ai mis presque un mois... :/ Désolée, ça craint. J'ai pas pu RP pendant un moment et j'ai pris du retard... Bref. J'espère que ça te plait :)]
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Simplement repartir. [PV : Rosa Otta]

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