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Réparer ce qui est brisé n'est pas toujours chose facile. [PV : Ailill]

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MessageSujet: Réparer ce qui est brisé n'est pas toujours chose facile. [PV : Ailill] Dim 15 Juil - 0:11

Il ouvrit brusquement les yeux. Cela ne faisait que quelques jours qu’Adriel était arrivé à Hisshi, mais il avait l’impression d’être là depuis une éternité. Il ne pouvait vraiment dire exactement lorsqu’il était arrivé, si c’était depuis quelques jours, quelques semaines… Il vivait, indifférent à tout ce qui l’entourait, comme dans un rêve. Ou plutôt, comme dans un cauchemar. Les jours et les nuits se succédaient dans un désordre d’actions et de pensées diverses auxquelles il n’accordait aucune importance. Il avait pensé qu’il ne s’habituerait jamais à cet endroit, et il avait pensé juste. Chaque matin, le jeune homme ouvrait les yeux sur un monde inconnu qui lui semblait hostile au possible. Il lui fallait plusieurs secondes pour réaliser où il était, et lorsque la réalité le frappait, il se sentait lourd et écœuré.
Il espérait s’habituer et ne plus être surpris par cet environnement, mais tous les jours, une nouvelle surprise lui sautait aux yeux. Aujourd’hui, c’était une convocation pour des travaux manuels. Punition ? Distraction mise à la disposition des patients ? Ou simple moyen de contenir les plus énervés. Adriel n’en savait rien, et pour être honnête, il s’en foutait royalement. C’était sur l’emploi du temps de la journée, il irait. De toute façon, il doutait fort d’avoir le choix. C’était une activité comme une autre.
Il décida finalement qu’il avait assez réfléchi pour le moment, et qu’il était temps de se lever. En allant se doucher, il s’arrêta devant un miroir, histoire de faire le point. La vitre légèrement sale et craquelée sur les bords lui renvoya l’image d’un homme sombre aux yeux cernés. Il dormait mal ici, très mal. Et malgré tous ses efforts pour avoir l’air un tant soit peu présentable et digne, il n’arrivait pas à se défaire de cet air épuisé qui lui collait au visage. Il se passa une main sur le visage en réprimant un soupir, prenant la décision de ne plus s’en faire pour ça. Ça passerait, rien n’était figé dans la vie.

En se dirigeant vers la salle d’art où il avait été convoqué, Adriel essayait de contenir sa fatigue. Il ne voulait pas que ces gens croient qu’il était épuisé. Ils pourraient exploiter cette faiblesse. Même si il avait honte de se l’avouer, il était devenu méfiant envers tous, à la limite de la paranoïa. La simple idée de donner l’impression de ne pas tenir le coup le répugnait proprement, et il aurait préféré se jeter la tête la première par la fenêtre plutôt que d’avouer qu’il n’était pas aussi fort qu’il voulait le faire croire. Il entra dans l’atelier et découvrit plusieurs personnes qui attendaient. Sans un mot, sans un salut, il se joignit à la masse, s’éloignant le plus possible des membres du personnels qui les surveillaient. Au bout de quelques minutes, l’un d’entre eux réclama le silence avant de prendre la parole.

- Taisez-vous, s’il vous plaît. Bien. Vous êtes là pour différentes raisons que je ne vais pas vous expliquer. Retenez juste que c’est une chance pour vous, que tout le monde n’a pas l’opportunité d’avoir ce genre d’occupations ici. Etant donné qu’il y a plusieurs objets qui ont été abîmés par des pensionnaires peu scrupuleux, on a décidé d’organiser un atelier menuiserie pour les remettre en état. On va passer parmi vous avec mon collègue pour vous dire ce que vous avez à faire. Le premier que je vois s’amuser ou menacer les autres avec les outils prendra cher, je vous préviens.

Super. Un atelier. Comme à la maternelle. Adriel avait l’impression d’être un enfant turbulent qu’il fallait canaliser pour l’empêcher de faire des bêtises. Tout ça pour ne pas avoir à racheter du matériel, on se servait des patients pour faire le boulot que personne ne voulait. Et du bricolage, il n’en avait presque jamais fait. Il avait regardé son père et certains domestiques chez lui en faire, mais n’avait jamais tenu un marteau. Il avait lu plusieurs livres qui en traitaient et connaissait la théorie sur le bout des doigts, mais n’avait jamais mis cela en pratique. Il regarda les autres se regrouper par petits groupes et commencer à bavarder entre eux, sans les rejoindre. Il ne connaissait personne, et préférait faire son travail tout seul. Mais apparemment, le personnel en avait décidé autrement.

- Eh, toi. Adriel c’est ça ? T’es tout seul ? Tu vas aller avec lui là, Ailill. Tu vois la chaise en bois là ? Colle, ponce, vernis. C’est tout, allez.

L’homme l’attrapa par le bras et le tira sans ménagement vers un individu qui baissait les yeux sous un capuchon. Adriel ne tenta pas de réprimer la grimace qui lui traversait le visage. Il avait horreur qu’on le touche, ce que les gens d’ici ne semblaient pas comprendre. Il se dégagea brusquement et s’accroupit à côté de la chaise, sans un regard pour son compagnon. Plus vite ça serait commencé, plus vite ça se terminerait. Le pied de la chaise s’était détaché, il fallait le remettre. Ça ne devrait pas être trop difficile si l’autre coopérait bien. Adriel leva les yeux vers son camarade et tenta de croiser son regard sous la capuche. Il n’était pas d’humeur à prendre des gants avec les autres, ni à devoir parlementer sur qui ferait quoi.

- Bien. On doit travailler ensemble, donc j’attends de toi que tu ne me gênes pas. Je donne les ordres, tu fais ce que je te dis. Comme ça, on devrait avoir terminé rapidement. Compris ?
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MessageSujet: Re: Réparer ce qui est brisé n'est pas toujours chose facile. [PV : Ailill] Lun 16 Juil - 21:06

Ailill n'avait aucun doute qu'il allait finir par être connu en tant que fuyard.
Cela ne faisait pas longtemps qu'il se trouvait à Hisshi, mais la vie dans l'établissement était parsemée par des ateliers divers. Apparement dans un cadre de thérapie, dans le but d'aider les patients. Et apparement, ils espéraient socialier leur nouveau patient en l'envoyant dans la salle d'art.

Ce qu'ils avaient ignoré, c'était qu'Ailill était vraiment pas sociable et qu'il n'avait nullement envie de se retrouver tasser dans une salle avec pleins d'inconnu dans il n'avait rien à carrer. Alors qu'on venait le chercher pour l'amener à l'endroit - vu qu'il ne connaissait pas encore l'établissement -, le jeune homme ne s'était pas laissé approcher, pire encore, il fuyait ! Mais il avait fini par se faire coincer, pour son malheur. Pour ne pas aggraver son cas, il avait cependant eu la bonne idée d'obtempérer. Ainsi, les employés faisaient gaffe qu'il ne fuyait pas, tout en laissant assez de distance pour que le jeune homme ne crisait pas.

Une fois arrivée à l'endroit, Ailill se dépêcha de se tasser dans un coin, dans l'espoir que la foule ne le remarquait pas. Loin du personnel, loin des patients. Il ne se sentait pas à l'aise, mais tant que personne ne semblait porter son attention sur lui, il survivrait. Cela semblait bien marcher. Du moins au début. La salle était remplie de meubles... en pitieux état. Il commençait à se douter de l'activité de l'atelier... et il ne s'en réjouissait pas.

Un membre du personne reclama le silence et leur expliqua la situation. Réparer les meubles. Sous prétexte d'un atelier a but thérapeutique, l'institut semblait surtout vouloir s'assurer d'avoir des réparations gratuites. Qu'importe. Qu'ils en finissent avec leur meubles ! Ailill était soulagé de constater qu'il les obligeait pas à travailler en groupe. Du moins le croyait-il. Un membre du personnel s'adressait à un jeune homme non loin de lui en lui disant de travailler avec Ailill. Il le traînait même vers lui.

Sous son capuchon, Ailill tourna des yeux, mais ne bougeait pas. Il avait déjà attiré l'attention des gens sur lui pour aujourd'hui, surtout du personnel...

On leur expliqua le travail. Réparer une chaise. Le jeune homme l'examinait sceptiquement. Il avait fait un peu de travail manuel déjà. Mais il ne pouvait pas se vanter d'être doué. Il préfèrait de loin un papier et un crayon à du bricologe. L'autre ne semblait pas trop se préoccuper de lui, et Ailill profita pour le dévisager et l'examiner. Il avait l'air de ne pas aimer le contact humain vu comment il se dégageait brusquement. Cela rassurait Ailill : s'il était peu sociable, il avait des chances que l'autre gardait ses distances, ce qui pourrait grandement aider à un travail de collaboration fluide vu comment il angoissait quand on l'approchait d'un pas de trop.

En plus, le surveillant les avait présenté indirectement. Parfait.
Encore plus parfait, l'autre, quand il lui adressait la parole, voulait donner les ordres, et Ailill n'aurait qu'à exécuter ? Magnifique. Le jeune homme acquiesa en hochant la tête. Si tout se passait bien, ils en auraient fini rapidement et il pourrait retrouver la solitude qu'il appréciait tellement. Il s'approchait un peu de la chaise, un peu hésitant. Même si, théoriquement, le tout devrait se passer sans grands inconvénient, le travail de groupe l'angoissait malgré tout, mais il faisait de son mieux pour le cacher.

Il s'accroupit à côté de la chaise, attenant le premier "ordre" de la part de son co-équipier malgré lui.

[HS : je suis désoléééée il est si pourri ce post, j'en ai honte >_>")
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MessageSujet: Re: Réparer ce qui est brisé n'est pas toujours chose facile. [PV : Ailill] Mar 17 Juil - 19:40

Le bois dans sa main était rugueux et abîmé. Un bois plein d’imperfections. Pas étonnant que cette chaise se soit brisée. L’établissement avait dû en acheter des centaines du même genre à bas prix, et se retrouvait maintenant confronté au problème du pas-cher-pas-solide. A vouloir faire des économies encore et encore, on finit par en payer le prix. Quoique, cette fois, ils avaient décidé de s’offrir une main d’œuvre gratuite plutôt que racheter du matériel neuf. On ne pouvait pas leur en vouloir pour ça, qui n’aurait pas fait pareil ? Certes, les patients n’étaient pas là pour ça, mais cet établissement semblait se foutre éperdument de toutes les règles habituelles en vigueur dans les autres institutions. Il était si mal tombé, il en voulait à tout le monde d’avoir atterri ici.

Son coéquipier n’avait pas prononcé un mot. Tant mieux en un sens, il n’aurait pas à subir le bavardage incessant et surfait de quelqu’un. Le garçon semblait assez docile, il n’avait rien montré qui puisse indiquer qu’il contestait ses ordres, au contraire, il s’était accroupi de l’autre côté de la chaise, attendant patiemment qu’on lui explique ce qu’il devait faire. Adriel l’aimait bien. Au moins, il ne le dérangerait pas du tout, ne lui parlerait pas lorsqu’il n’aurait pas envie d’écouter, ne lui poserait pas de questions stupides, ne s’opposerait pas à sa manière de faire. Et mieux que le reste, il pourrait lui adresser la parole sans avoir besoin de choisir attentivement ses mots dans la crainte de déclencher un bavardage. Il n’aurait pas à subir d’explication, d’exposition de point de vue, d’encouragement, et autres choses qui fusent habituellement entre les partenaires lors d’un travail d’équipe. Le bonheur. Il présenta l’extrémité du pied de la chaise au garçon, désignant de l’autre main la colle qui se trouvait aux pieds de celui-ci.

- Tu en mets là, s’il te plaît.

Comment s’appelait-il déjà ? Celui qui l’avait attrapé par la manche y avait fait allusion, mais il n’y avait pas prêté plus d’attention que ça, persuadé qu’il détesterait son coéquipier au premier regard, comme à chaque fois qu’on lui imposait un partenaire. C’était un nom bizarre. Il finirait bien par l’entendre de nouveau de toute façon, et il n’avait pas besoin de le savoir maintenant. Et vu à quel point l’individu était stressé, Adriel ne doutait pas qu’un simple « Hey ! » lui fasse tourner la tête dans sa direction, paniqué.
Une fois que la colle fut mise, il appuya le pied de la table à son emplacement d’origine et attendit. Ça ne le dérangeait pas d’attendre, au contraire. Il préférait faire les choses bien, et s’il fallait attendre pour que ce soit parfait, il attendrait. Adriel regarda son coéquipier. Il avait la désagréable sensation que ce dernier avait l’intention de tout lui laisser faire seul et ça l’ennuyait. Laisser faire les autres, c’était dire prendre le risque que le travail soit mal fait, mais il n’avait pas l’intention de jouer le rôle de celui qui offre gracieusement ses services, prenant toutes les responsabilités sur ses épaules. Et s’il y avait quelque chose qu’il aimait encore moins que ceux qui faisaient les choses mal, c’était ceux qui ne faisaient rien.

- J’espère que tu ne crois pas que tu vas pouvoir te contenter de rester là à me regarder faire. On est une équipe. Tu es muet ?

Le silence du jeune homme était trop profond, trop lourd pour être un simple silence de mépris, d’impolitesse, ou tout simplement le silence de celui qui n’a rien à dire. Il était possible qu’il ne soit pas muet, qu’il ait fait vœux de silence, ou quelque chose comme ça, mais mieux valait demander. Adriel donna un petit coup sec sur le pied de la chaise pour voir si cela tenait, toujours en regardant le jeune homme droit dans les yeux.
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MessageSujet: Re: Réparer ce qui est brisé n'est pas toujours chose facile. [PV : Ailill]

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Réparer ce qui est brisé n'est pas toujours chose facile. [PV : Ailill]

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